Skip to content

Un seul principe de précaution : le refus sans concessions !

mars 31, 2011

Un seul principe de précaution : le refus sans concessions !

Ce tract a été diffusé à la manifestation du 31 janvier, à Mortain (Basse-Normandie), contre l’extension de la centrale nucléaire de Flamanville et contre le doublement de la THT qui va avec. Quatre ou cinq mille personnes environ étaient présentes.

Ça continue ! A Flamanville, l’Etat n’a pas la moindre intention d’abandonner la construction de l’EPR [1]. Pas plus que celle de la THT [2] de 400 000 volts qui va avec. Cela, malgré les refus affirmés, les manifestations, les sabotages de pylônes…, en Manche et en Mayenne, régions déjà ravagées depuis longtemps : usine de retraitement à La Hague, réacteurs à Flamanville, arsenal à Cherbourg, lignes électriques quadrillant la campagne, poubelles radioactives en mer, trains de déchets nucléaires en partance ou en provenance du Cotentin…

Mais EDF et RTE [3] se moquent des ravages divers et variés qu’ils produisent, puisque EPR et THT s’inscrivent dans la poursuite des programmes nucléaires civils et militaires à l’échelle mondiale. Puisqu’il s’agit de répondre aux besoins d’énergie électrique des usines jusqu’aux portes de l’Europe, à ceux de la circulation des marchandises, y compris humaines, et de ses trains énergivores – TGV –, à ceux des systèmes de communication et de surveillance des populations…

Dans le monde, beaucoup de gens connaissent déjà les effets dévastateurs du nucléaire et des lignes électriques, qu’elles soient à l’air libre ou camouflées dans le sol. Pour en avoir souffert eux-mêmes, pour avoir vu leurs proches, les bêtes et les plantes tomber malades, crever à petit feu. Ou brutalement au cours de catastrophes, comme à Tchernobyl. Bon nombre ont déjà tenté de refuser, en France et ailleurs, des centrales, des centres de stockage, des transports de déchets, des THT, comme celle que l’Etat tente de construire en Catalogne, promettant de l’enterrer dans la partie française des Pyrénées, au nom de la défense du tourisme et du prix du mètre carré à vendre aux bobos. Mais les oppositions au nucléaire n’ont jamais été entendues, ont été réprimées ou ont échoué pour avoir écouté les promesses des politiciens.

Pourtant, les Verts, dans l’Ouest, refont le coup du moratoire sur la THT. Avant-hier, ils s’abstenaient lors du vote au conseil régional sur l’EPR, ce qui a permis d’en lancer la construction. Hier, ils défendaient l’enfouissement comme la solution miracle. Aujourd’hui, ils affirment qu’il ne change rien aux dangers électromagnétiques ! Parce que l’Etat ne l’accepte plus pour des raisons de fric. Leur dernier hochet : suspendre momentanément le projet de THT jusqu’à la publication des résultats de l’enquête de l’INSERM, prévue pour mars 2009, ou d’instituts « indépendants », et de votes au Parlement. Après le procès de Tulle [4], d’autres, comme Dufour, président de la Confédération paysanne, appellent à créer des fermes expérimentales pour étudier les effets des THT « sous contrôle d’instituts de recherche indépendants » [5].

Les discussions dans les commissions de la Chambre et les tests supplémentaires sur les paillasses de laboratoire, où l’on massacrera quelques spécimens d’« espèces sensibles aux champs électromagnétiques » [6] n’ajouteront rien aux tests grandeur nature que l’industrie nous fait subir depuis longtemps, et que le nucléaire a généralisé. Depuis Hiroshima, c’est le monde entier qui est pris comme champ d’expérimentation. Des études épidémiologiques, des expériences confinées sur les effets des THT, RTE et l’INRA en réalisent déjà dans des labos et des fermes. Leurs conclusions sont toujours les mêmes : « Impossible de trancher ! » Donc, feu vert pour les ravageurs de la planète.

Dans l’Ouest, les premiers concernés devraient attendre le verdict des parlementaires et des chercheurs, payés par l’Etat ou par les associations écologistes, pour donner leur avis et pour bouger ! Les politiciens proposent des moratoires pour accompagner les projets de l’Etat, pas pour les combattre. Pour entraver les luttes au nom de l’autorité des experts, et des contre-experts, pas pour les aider. Les Verts annoncent d’ailleurs la couleur : « Réviser les normes d’exposition aux THT et leur donner le statut juridique adéquat » [7]. Du refus, on passe au marché de dupes, au maquignonnage entre politiciens d’opposition et Etat, pour faire passer la pilule amère avec quelques concessions. Pendant la suspension de la lutte, le projet continuera à avancer, les fournisseurs de RTE à produire, les mercenaires des labos à chercher, les satellites à cartographier les zones à ravager… Lorsque le couperet des experts tombera, il sera plus difficile de bouger. Les mêmes qui proposent le moratoire expliqueront alors qu’il est « trop tard ». Exactement comme au cours des précédentes luttes contre le nucléaire et contre les OGM, où les moratoires, les conférences citoyennes, etc., camouflaient la politique du fait accompli.

Quant à nous, nous serons toujours du côté de ceux et de celles qui luttent résolument contre ce que l’industrie et l’Etat veulent leur imposer au nom du progrès, du bien-être général…, en particulier lorsqu’ils utilisent le sabotage sans attendre. Lutter contre les THT, ce n’est pas simplement s’opposer à l’aggravation du désastre. A travers le nucléaire et le transport de l’énergie, l’Etat, en collaboration avec les prétendues oppositions citoyennistes, quadrille, contrôle et domine nos propres vies, dans l’Ouest comme ailleurs. Combattre cela avec le monde qui les produit, c’est reprendre goût à la liberté de penser et d’agir par soi-même. Sans concessions…

le pdf ici

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :