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contre le train train nucléaire

avril 19, 2011

article publié en   décembre 2010 qui fait le tour de plusieurs actions menées, entre autres, contre les trains de déchets radioactifs en Allemagne et en France l’année passée

contre le train train nucléaire

Le 05 novembre dernier, le GANVA, groupe non violent antinucléaire bloquait  durant plus de 3 h 30 à Caen un train transportant des déchets radioactifs vers  l’Allemagne. Désincarcérés violemment et blessés par des policiers plus soucieux  des retards de trains et des intérêts d’AREVA que de l’intégrité physique des antinucléaires,  il-elle-s sont immédiatement interpellé-e-s.
Aujourd’hui, 8 décembre, 7 d’entre eux-elles sont traduits en justice au tribunal de  Caen où il-elle-s encourent de lourdes sanctions. Des trains de déchets radioactifs, il en passe des dizaines par an en gare de Caen.
Et pour cause la Basse-Normandie est une des régions les plus nucléarisée au  monde : de la production d’électricité nucléaire, au retraitement des déchets nucléaires  français et étrangers en passant par la recherche (GANIL), la formation d’ingénieurs  (ENSI), la construction de sous marins atomiques ou l’immersion de déchets  nucléaires britanniques dans la mer de la Manche dans les années 50.
Nucléopolis* est la dernière trouvaille des promoteurs du délire nucléaire en  Basse-Normandie. Le nouveau pôle universitaire de recherche et de promotion du  nucléaire vient de se voir octroyer une subvention de 35000€ de la part du Conseil  régional de Basse-Normandie. Bon camarade, Europe Ecologie qui se présente pourtant  comme antinucléaire s’est abstenue sur cette question en commission permanente  à l’exception d’une de ses membres sur ce vote, tandis qu’à Caen-la-mer, l’agglomération, leurs élu-e-s votaient contre.
Plus tôt, en 2004, les élus verts au Conseil régional avaient permis par leur abstention  à une motion soutenant le projet de réacteur EPR à Flamanville de passer. La  même année en PACA, c’est un deal qui unit la nouvelle majorité rose-verte : ce sera  un euro pour le projet expérimental de fusion nucléaire ITER contre un euro au renouvelable.
Dernièrement, en 2009, à la veille du sommet de Copenhague sur le réchauffement  climatique, les nouveaux eurodéputés Europe écologie, Yannick Jadot  tout nouvellement débarqué de la direction de Greenpeace France en tête, vote une  motion du parlement européen qui fait du nucléaire l’un des éléments du combat  contre le réchauffement climatique*. Si les élus écologistes demeurent sans doute antinucléaires, depuis longtemps ils  font du nucléaire un élément secondaire sur lequel ils peuvent faire des concessions.
Il faut dire qu’en quelques décennies les signes des dégâts écologiques sont devenus  de plus en plus criants. De Bhopal à Tchernobyl en passant par la fonte des glaces,  tout est devenu de plus en plus évident.
Pour autant loin de remettre en cause ce qui était à la source de ses dégâts, les raffinements  du capitalisme, l’écologie a été détournée de son sens initial et le capitalisme  a réussi à intégrer sa contestation. Dans le même temps que les désastres écologiques et sociaux s’amoncelaient, les écologistes se sont de plus en plus associés  à leur gestion. Et les industriels, loin d’être convertis mais sentant le filon, se  sont donnés une image verte. Ainsi le nucléaire s’est-il sous l’effet d’un monstrueux mais opportun lifting transformé en énergie propre et non productrice de CO2. Que  ce soit faux, peu importe, le négationnisme écologique a ses entrées médiatiques…
Que le moins mauvais des mondes où l’on nous enferme ne nous permette de choisir  qu’entre charbon, nucléaire ou éoliennes industrielles montre bien dans quel impasse  nous sommes, et à quoi cette écologie nous intime de renoncer : à changer ce monde. Et ce à quoi elle nous condamne : à vivre sans cesse en choisissant entre le  moindre mal et le pire, entre Charybde et Scylla .
L’idée même de développement durable si chère à une bonne part du mouvement  écologiste n’ a eu de cesse que de nous faire gober que le capitalisme méritait d’être sauvé.
Pourtant la société dans laquelle le nucléaire s’est développé, c’est une société engagée  dans la fuite en avant technologique consistant à produire et consommer toujours  plus. Et pour ce faire, piller, exploiter, détruire, irradier, maintenir des dictatures et des armes de destruction massive ou stratégiques, contrôler et fliquer. Le nucléaire  est au coeur même de ce délire boulimique.
Le 05 novembre, l’Etat a frappé fort contre le GANVA : 7 arrestations et 3 blessés.
Mais depuis son origine la contestation antinucléaire a toujours eu à souffrir d’une  forte répression, et ce quelques soient les gouvernements en place.
A Plogoff les gendarmes mobiles utilisaient des grenades offensives contre les manifestant- e-s. Il y aura des mutilés et un mort, Vital Michalon, lors du rassemblement  de Malville en 77. A Chooz ce sont des engins de guerre qui attaquent les barrages.
A Cherbourg, les voltigeurs (flics montés sur des motos dont l’un tient une matraque  pour frapper à la volée) dispersent les opposant-e-s à la fin des années 70. Partout,  il-elle-s sont menacé-e-s et poursuivi-e-s. En 85, le gouvernement Mitterrand
plastique le Raimbow Warrior en campagne contre les essais atomiques français. En  novembre 2004, Sébastien Briat meurt happé par un train de déchets radioactifs qu’il  avait voulu stopper avec plusieurs de ces compagnon-ne-s.
Le programme nucléaire nous a toujours été imposé par la force et dans le plus  grand secret.
Partout en Europe, les Etats de toutes tendances réduisent un peu plus leurs oppositions  au silence en criminalisant les actions radicales. Le dernier mouvement sur les  retraites en France a donné lieu à plusieurs milliers d’arrestations et de nombreuses  violences policières, comme à Caen où un étudiant a reçu une grenade lacrymogène  en tir tendu dans la tête.
Ici comme ailleurs, l’Etat continue de montrer son véritable visage, autoritaire, sécuritaire,  au service de la continuation des intérêts capitalistes et nucléocratiques.
Malgré une forte mobilisation policière en Allemagne, l’opposition au transport de  novembre de déchets vers Gorleben a été importante à la veille de la décision de la  CDU de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Des manifestations massives de plusieurs dizaine de milliers de personnes ont eu lieu. Sur le parcours, les  convois ont été bloqués par des manifestant-e-s assis sur les voies. D’autres ont tenté  de retirer le ballast des voies ou se sont suspendus au dessus des rails. D’autres encore ont cherché à incendier un véhicule blindé.
En Allemagne, ce sont donc plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont  essayé d’empêcher le train d’arriver à destination en combinant différents types  d’actions selon les sensibilités de chacun-e.
Plus modestement, c’est ce qui a été tenté à Caen avec un rassemblement en gare,  une tentative d’occupation des voies, avec friction avec les forces de l’ordre, et l’enchainement  de plusieurs personnes en amont. Cette dernière action a entrainé un retard de plus de 3 heures au train de déchets.
Des actions autour des tracés de lignes THT liées à l’implantation du réacteur nucléaire  EPR à Flamanville continuent d’avoir lieu*.
Ce genre de mobilisations est à multiplier et amplifier tout en réfléchissant à élaborer  des stratégies qui nous soient le moins préjudiciables possibles ▪

▪ Quelques antinucléaires engagé-e-s  dans la bataille du rail.

*Nucléopolis est né le vendredi 19 septembre dernier. Ce pôle normand de science nucléaire unit les différents acteurs du nucléaire en Normandie. L’idée c’est de faire de la Basse-Normandie un pôle de compétitivité dans le domaine.
S’y sont associé 45 membres.
Des entreprises du nucléaire comme AREVA ou EDF, des PME, des laboratoires de recherche comme le GANIL ou Cyceron, l’école d’ingénieurs en nucléaire de l’Ensi- Caen, des collectivités locales. Le but : « Vendre la filière nucléaire normande à l’extérieur. Nous avons le savoir-faire. Il faut le faire savoir. »

*Sur ces votes on peut lire Nucléaire : fusion et déraison, article parut dans le n°2 de la revue Z ; Ni rose, ni vert l’EPR en basse Normandie ? Article disponible sur le site du CRAN— http:// www.anartoka.com/cran/ – ; et on peut avoir accès au vote du parlement européen sur : http:// bit.ly/5PpHjX et à l’explication risible de vote d’Europe Ecologie sur http://europeecologie.eu

*Le 25 septembre dernier une action de déboulonnage symbolique et public de ligne THT a eu lieu à Isygny le Buat dans la Manche.
Sous l’oeil de nombreux gendarmes, d’un hélico et d’un agent RTE (réseau de transport d’électricité) 6 boulons d’un pylone THT ont été dévissés en présence d’une centaine de manifestant-e-s et riverain-e-s puis déposés au pied du pylone.
Cette action de désobéissance visait à montrer que le combat anti-THT n’était pas mort, mais également que le réseau de transport d’électricité est vulnérable.
A nous de nous saisir de leur vunérabilité.

Infos disponibles sur lesite du CRAN – CollectifRadicalement AntiNucléaire:
http://www.anartoka.com/
cran/portal.php

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