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L’HEURE DE LA SOUMISSION. RETOUR SUR LES LUTTES ANTI-THT EN COTENTIN-MAINE.

avril 19, 2011

L’HEURE DE LA SOUMISSION.
RETOUR SUR LES LUTTES ANTI-THT EN COTENTIN-MAINE.

Nous étions nombreux-ses, notamment pour ceux et celles qui s’étaient mobilisés au sein du CRAN (Collectif Radicalement AntiNucléaire) à porter pas mal d’espoirs sur les luttes anti-THT en Ile-et-Vilaine, Mayenne et Sud-manche, au vue des franches mobilisations des habitant-e-s.
Mais force est de constater qu’aujourd’hui les illusions écologistes semblent avoir pris le dessus, et avec elles les aventures citoyennes.
Celles qui font renoncer au rapport de force, au profit des négociations et des enquêtes de contre expertise, et prendre la décision d’une tenue d’enquête épidémiologique autour des THT par la justice fin août, pour une victoire.
Courant juin, l’enquête publique autour des lignes THT (très haute tension) mises en place par RTE (réseau de transport d’électricité) pour acheminer l’électricité produite par le nouveau réacteur nucléaire (EPR) de Flamanville, a eu lieu. L’opposition à cette enquête publique a été pour le moins réduite. Seuls 4 maires ont refusé d’accueillir l’enquête publique en mairie, tandis que la plupart ont joué le jeu d’un Etat qui a pipé les dés depuis longtemps. Des rassemblements ont accompagnés les registres enquête, mais sans s’opposer réellement à leurs tenues. Des registres de contre-enquêtes « citoyennes » étant simplement déployés, pour faire office d’opposition. Et les seules grandes manifs qui ont été organisées, l’ont été en fin d’enquête, après l’heure de clôture: elles n’ont regroupé que 200 personnes à Ernée et une petite centaine à Percy. Quand on se souvient des milliers de personnes encore présentes il y a quelques mois, il y a de quoi être pessimiste quant à la tournure que semble prendre  la mobilisation.
A noter que sur Caen, la mobilisation n’était pas vraiment plus au rendez-vous. Des antinucléaires ont déployés des banderoles sur des lignes hautes tensions, tandis qu’un appel à action a réunit plus de flics que de manifestant-e-s, et donner l’occasion à la police de procéder à quelques contrôles d’identité.
Bien sûr, l’Etat n’a pas choisi juin au hasard, mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il fasse de cadeaux.
Il est toujours aussi crucial de s’opposer au nucléaire, à son Monde et à sa relance, de la France à l’Italie. Au moment où l’EPR est vendu comme une vitrine du développement durable, le pendant du renouvelable ; au moment ou ce renouvelable s’industrialis  avec les conséquences qu’on peut déjà deviner; que la politique de l’Etat « écologisée » rejoint la position des Verts, « un euro pour le nucléaire,un pour le renouvelable »; il était plus qu’important que l’opposition s’organise réellement et s’oppose à l’enquête publique.
Le texte Il est temps d’y aller, distribué lors de rassemblements contre l’enquête publique tente de poser les enjeux de cette période.
Caen ▪

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IL EST TEMPS D’Y ALLER !

Nous y voilà, l’enquête publique sur les THT est lancée depuis le 2 juin.
Une enquête toute factice, comme l’ensemble des enquête publiques engagées par les nucléocrates. Les enquêtes publiques ne sont pour eux qu’un espace publicitaire, un moment où l’on donne l’illusion d’écouter les citoyens.
Le nucléaire c’est un Monde qui dépasse ses simples installations et leur nuisances. Bien sûr, de Flamanville à la Hague en passant par Tricastin les « incidents », comme ils disent, produisent leur cortège de leucémies, mais ils se prolongent bien au-delà de leur environnement immédiat, des lignes THT, au développement des lignes TGV, en passant par nos décors high-tech, nos villes illuminées, sans oublier bien évidemment le soutien de dictatures qui permettent de récupérer de l’uranium comme au Niger, et de guerres avec leurs menaces atomiques permanentes et leurs résidus d’uranium appauvri.
Et c’est un Monde qui ne s’embarrasse guère de ses oppositions. Les procès contre des militant-e-s de Greenpeace qui avaient occupé le chantier EPR et contre les occupant-e-s du pylône de Flamanvile en avril 2007 en sont un des meilleurs exemples. On tente de faire taire en frappant le porte-monnaie.
Et bien évidemment ce Monde là on ne l’arrête ni avec un bulletin de vote, ni avec des arrêtés anti-THT, qui ont au moins eu le mérite de démontrer que notre démocratie, déjà toute factice, ils se la carrent… Les contreenquête publiques ou les enquêtes scientifiques si elles ont le mérite d’informer, ne suffisent à elles seules à s’opposer aux nucléocrates et à leurs
projets.
Certain-e-s ont pensé qu’il suffisait d’enfouir le problème pour qu’il disparaisse avec l’enfouissement des lignes. C’était oublier que l’enfouissement ne changeait rien aux nuisances électromagnétiques, et surtout que pendant ce temps le Monde nucléaire continuait de tourner…
Aujourd’hui encore la question d’un moratoire est mise en avant. Pourtant ce n’est qu’une bombe à retardement qui finira par nous sauter à la gueule tout en risquant de nous démobiliser, d’ici là.
Ceux et celles qui ont cru ou continuent de croire au fait qu’on pouvait transiger avec ce Monde sont bien obligés de s’apercevoir que, lui, ne transige que s’il y est contraint. Et du Grenelle de l’Environnement (auquel des organisations comme Greenpeace se sont empressées de participer) à la demande d’enfouissement des lignes THT, c’est par la négative que l’État répond, tout en continuant d’intégrer ceux et celles qui deviendront ses écologistes. Les récentes déclarations de Sarkozy montre bien la stratégie de l’Etat, investir dans un peu d’éolien pour mieux continuer le nucléaire La résistance ne peut s’organiser que sur un tout autre terrain. Certain-e-s comme les gens du GANVA se sont engagés dans la résistance active, en occupant des pylônes, ou en arrêtant des trains de déchets radioactifs. En Ile-et-vilaine, en Catalogne entre autre, des sabotages ont eu lieu. A Plogoff, le maire avait refusé d’accueillir l’enquête publique obligeant le préfet à déployer des mairies annexes et à occuper militairement la commune pour protéger les registres. Des pistes sont là ou à réinventer. Ce moment où l’enquête publique passe de villages en villages est propice pour montrer notre détermination au gouvernement, mais le combat ne s’arrêtera pas là. Le moment où les travaux commenceront sera sans doute tout aussi important.
Et cette résistance, plus elle sera massive et solidaire, plus elle aura un coût symbolique et réel pour l’Etat, plus elle aura de chance de faire plier un tant soit peu l’adversaire.
En se réappropriant nos luttes, nous nous réapproprions nos vies en déterminant ce que nous ne voulons pas▪
▪ CRAN@no-log.org

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