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Sur les arrestations de Bologne

avril 19, 2011

Sur les arrestations de Bologne –

communiqué de solidarité qui a pas mal tourné en Italie

Nous sommes tous Fuoriluogo

Le 6 avril le cercle Fuoriluogo de Bologne a été mis sous scellés à la suite d’une opération policière conjointe dans 16 villes d’Italie, au cours de laquelle ont eues lieu 60 perquisitions, 5 incarcérations et 7 placements sous contrôle judiciaire. Le chef d’inculpation est «association de malfaiteurs». La vérité est qu’ils cherchent à frapper ceux qui depuis des années s’opposent à la guerre et au racisme par tous les moyens nécessaires.

Dans un monde toujours et de nouveau en guerre,
entre les colonels fous qui bombardent les villes rebelles
et les gendarmes du monde qui tirent sur tout ce qui bouge ;

Dans un monde nucléarisé, un monde de mers radioactives et de terres empoisonnées,
où chaque tremblement de terre est un nouveau marché
et chaque tumeur un client de plus pour les lobbies de la santé ;

Dans un monde obsédé par la «sécurité»
mais dans lequel le sort de chacun est entre les mains du docteur Folamour et de ministres abrutis,
et la santé entre les mains de multinationales pharmaceutiques et de trafficants de déchets ;

Dans un monde d’hospices de luxe pour vieux riches,
de call centers et de prisons pour jeunes pauvres,
un monde où on ne trouve pas de travail, et quand on en trouve, c’est toujours de la merde,
de vies hypothéquées pour payer le loyer, dans un monde où l’on consomme par ennui ;

Dans un monde dans lequel la crise économique sert à te tenir à ta place
et la dernière «situation d’urgence» sert à te faire baisser la tête ;

Dans un monde d’hommes et de femmes qui fuient la guerre et à la misère,
un monde de camps de réfugiés et de déportations de masse, de check-points et de frontières électrifiées,
d’esclaves de la faim et de morts noyés ;

Dans ce monde, le monde d’Hiroshima, de Nagasaki, de Tchernobyl, de Fukushima, le monde d’Auschwitz, de Mauthausen, de Gaza, de Ceuta et Melilla, de Porto Palo, de Lampedusa, le monde de Gradisca, de Pontegaleria, de via Corelli, de via Mattei [adresses de divers centres de rétention italiens, ndt], de Ventimiglia ;

Dans CE monde
nous sommes TOUS fuoriluogo [il s’agit d’un jeu de mot, fuoriluogo signifie littéralement hors-lieu, pas à sa place, ndt] ;

parce que dans ce monde
la vie est bannie,
reléguée dehors,
dans les lieux, dans les recoins d’une histoire
qu’on voudrait réduire en cendres une fois pour toutes,
pour pouvoir enfin respirer
et donner lieu à de nouvelles formes de vie ;

Samedi 16 avril tous et toutes à Bologne à 15h piazza XX settembre
manifestation en soutien aux révoltes de la Méditerrannée, contre la guerre et ses complices, pour continuer la lutte de ceux qui ont été arrêtés et redire à haute voix : «nous sommes tous fuoriluogo» ;
Samedi 23 avril tous et toutes à Caorso à 15h piazza della Rocca
manifestation contre le nucléaire et le monde qui le produit, pour que le nucléaire s’arrête avec Fukushima.

Grosse vague répressive contre la mouvance anarchiste en Italie

Un épisode très grave et d’une proportion assez exceptionnelle, même pour un pays très fortement répressif comme l’Italie, a eu lieu hier matin dans la péninsule. Plus de 300 flics ont fait des descentes chez au moins une soixantaine de camarades proches de la mouvance soi-disant «insurrectionnaliste» à Bologne, Ferrare, Modène, Rome, Padoue, Trento, Reggio Calabria, Ancona, Turin, Lecce, Naples, Trieste, Gêne, Teramo, Forlì, Ravenne et Milan.
Le bilan est très lourd : 27 d’entre eux sont mis sous enquête et le procureur a ordonné des limitations de la liberté personnelle contre 12 personnes (dont 5 incarcérations). En outre, le Centre Social FuoriLuogo (Bologne) a été fermé et cadenassé.

L’opération policière a été largement médiatisée. Les flics parlent d’antagonistes qui avaient cristallisé leurs luttes sur des cibles clés : l’Eni (l’entreprise italienne du pétrole, complice de Khadafi), les forces de police, des cibles du pouvoir économique, des groupe politiques (la Lega Nord, le parti populiste du Nord de l’Italie) ainsi que les symboles des politiques gouvernementales qu’ils combattaient (les centres d’identification et d’expulsion pour migrantEs).
Les enquêteurs ont déclaré que les anarchistes se coordonnaient grâce à un dangereux journal qu’ils diffusaient à travers toute l’Italie et qu’ils (les flics) ont d’ailleurs cherché avec acharnement pendant les perquisitions. Il ne s’agit de rien d’autre que de l’excellent Invece dont on vous avait proposé quelques extraits il y a quelques temps.

Libertà per Stefi, Anna, Martino, Nicu, Bob e Strego

Pour celles et ceux qui voudraient écrire aux personnes arrêtées :

Martino Trevisan Robert Ferro Nicusor Roman Stefania Carolei Pistolesi Anna Maria
c/o Casa circondariale via del Gomito 2 40127 Bologna
Le Réveil, 7 avril 2011.

« La nuit du 13 avril, nous avons attaqué l’Eni store de Bergame en scellant ses portes et en recouvrant ses vitrines de peinture et d’huile usagée. Solidarité avec les incarcérés de Bologne. Les terroristes sont ceux qui empoisonnent la planète. Le terroriste c’est l’Etat ! »   Traduit de l’italien de informa-azione, Sab, 16/04/2011 – 12:05

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