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Radioactivité au Japon : le silence des médias, du gouvernement et de Tepco

avril 23, 2011

Radioactivité au Japon : le silence des médias, du gouvernement et de Tepco

 Tokyo, 250 km de la cen­trale

* À Tokyo, l’acti­vité du Cesium 137 dans l’air n’est pas des­cendu en des­sous de cent mille fois la nor­male (résul­tats jusqu’au 1er avril). Elle est montée jusqu’à trois cent mil­lions de fois la nor­male, le 15 mars, le jour de l’explo­sion des réac­teurs nos 2 et 4 et a fait des poin­tes plu­sieurs jours à cent mil­lions de fois la nor­male. «Il n’y a pas de danger pour la santé» ont clai­ronné le gou­ver­ne­ment japo­nais et Tepco (voir plus bas).

* Le 15 avril, quinze mille per­son­nes mani­fes­tent contre le nucléaire à Tokyo.

Fukushima, 65-75 km de la cen­trale

Depuis quel­ques jours, dans la ville de Fukushima, la radio­ac­ti­vité de l’air atteint son niveau le plus bas : 2 nano siviert par heure. En 5 heures, les adul­tes reçoi­vent la dose limite à partir de laquelle les radia­tions ont des consé­quen­ces sur la santé [La réglementation européenne considère qu’à partir du seuil de 10 μSv/an, les niveaux de risque ne sont plus négligeables et qu’il convient d’examiner les moyens de diminuer les expositions.]. Pour les enfants qui sont beau­coup plus fra­gi­les c’est beau­coup plus rapide. «Il n’y a pas de danger pour la santé» clai­ronne la pré­fec­ture et le gou­ver­ne­ment cen­tral (voir plus bas).

Iidate, dans la zone conta­mi­née de 30 km autour de la cen­trale

Dans une inter­view du 6 avril, le maire de la ville déclare : «Il n’y a aucune infor­ma­tion et je ne sais pas quoi faire».

Minami Soma, dans la zone d’exclu­sion

Malgré l’appel à l’aide du maire de la ville sur Youtube, lancé le 24 mars 2011 à la com­mu­nauté inter­na­tio­nale, pres­que un mois après la catas­tro­phe, le 6 avril, il reste tou­jours 20’000 per­son­nes dans la ville conta­mi­née (sur 70’000 au total) ; ceux qui res­tent sont les plus vieux et les plus pau­vres qui n’ont pas les moyens de partir. Le 7 avril, le maire poste une deuxième vidéo sur Youtube dans laquelle il déplore qu’«aucune infor­ma­tion fiable n’est donnée sur le réac­teur nucléaire».

La col­lu­sion des prin­ci­paux médias, du gou­ver­ne­ment et de Tepco est res­pon­sa­ble de la cen­sure de l’infor­ma­tion sur le nucléaire

La popu­la­tion de la pré­fec­ture de Fukushima ne sup­porte plus l’absence d’infor­ma­tion fiable. Depuis les agents de la pré­fec­ture jusqu’aux agents du gou­ver­ne­ment en pas­sant par ceux de Tepco, tous mar­tè­lent le même dis­cours : «Il n’y a pas de danger pour la santé».

Les fonc­tion­nai­res de la ville d’Iwaki (40 km de la cen­trale) ont affirmé à plu­sieurs repri­ses que «le rayon­ne­ment est à un niveau stable qui n’est pas nocif pour la santé humaine» (cette pos­ture est aussi reprise par les habi­tants qui pos­sè­dent une entre­prise et qui crai­gnent la faillite).

À Iwaki, le 6 avril 2011, le méde­cin du col­lège Daini Yumoto affirme sans rire aux élèves et aux parents d’élèves réunis pour la ren­trée sco­laire : «Le pro­blème des radia­tions est déjà ter­miné».

Les grands médias japo­nais se conten­tent de régur­gi­ter les décla­ra­tions du gou­ver­ne­ment et de Tepco.

Ce sont les jour­na­lis­tes qui ne dépen­dent d’aucun jour­nal au Japon, ainsi que cer­tains médias étrangers, qui dénon­cent régu­liè­re­ment la sous-esti­ma­tion de la conta­mi­na­tion et de l’irra­dia­tion au Japon.

Tandis que le gou­ver­ne­ment prend des mesu­res pour leur empê­cher d’assis­ter aux confé­ren­ces de presse et de poser des ques­tions déran­gean­tes, il gave d’infor­ma­tions contra­dic­toi­res, deux fois par jour, les jour­na­lis­tes des grands média japo­nais, qui écoutent sage­ment ces confé­ren­ces. Et pour cause, Tepco inves­tit chaque année 20 mil­liards de Yen (170 mil­lions d’euros) dans les médias via la publi­cité. Le 30 mars 2011, le porte parole de Tepco assume même publi­que­ment que son entre­prise offre des voya­ges aux diri­geants des grands médias japo­nais.

De son côté le gou­ver­ne­ment cen­tral n’a jamais cessé de mini­mi­ser les fuites mas­si­ves de radio­ac­ti­vité ni de sous-esti­mer les effets sur la santé publi­que. Récemment encore le minis­tère des Affai­res inté­rieu­res et de la Com­mu­ni­ca­tion a créé une équipe char­gée de tra­quer les sites inter­net qui dif­fu­sent une «infor­ma­tion illé­gale»…

Pendant ce temps-là, des habi­tants des zones conta­mi­nées ren­trent chez eux, per­sua­dés que la radio­ac­ti­vité de l’eau, des ali­ments, des nappes phréa­ti­ques, de la terre, de l’air ne pose pas de pro­blème pour leur santé.

Les pro­fi­teurs du désas­tre

* Areva «four­nit» à Tepco la tech­no­lo­gie qui permet de reti­rer de l’eau conta­mi­née d’une cen­trale nucléaire.

* Vinci et Bouygues sont deve­nus spé­cia­lis­tes mon­diaux de la cons­truc­tion de sar­co­phage post acci­dent nucléaire (et là aussi).

Fukushima ? Une bonne affaire en pers­pec­tive, si les Amé­ri­cains ne leur piquent pas le marché.

* Tepco :

Pour éviter aux tra­vailleurs des suivis de santé inu­ti­les et dimi­nuer les coûts de la main d’œuvre, Tepco a pris la mau­vaise habi­tude de recru­ter des SDF pour net­toyer ses cen­tra­les ato­mi­ques (2003).

En vrac

* Le 13 avril, la repré­sen­tante régio­nale d’Hydro-Québec (entre­prise publi­que de l’indus­trie nucléaire au Québec), Louise Pelletier, a reçu une tarte à la crème en pleine figure à l’ouver­ture de l’audience publi­que de la Commission cana­dienne de sûreté nucléaire, mer­credi matin.

* Le 26 avril 2011, la catas­tro­phe de la cen­trale nucléaire de Tchernobyl aura 25 ans.

Rebellyon, 20 avril 2011.

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