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Valduc, l’armada nucléaire à deux pas chez vous [Dijon]

mai 13, 2011

« Je suis très heureux. Je savais que Nicolas Sarkozy voulait faire du centre de Valduc une vitrine du nucléaire militaire et civil. C’est un laboratoire de recherche très important. Pour le territoire, c’est une chance ! » Alain Houpert, Maire de Valduc.

Situé à 45 km au Nord de Dijon, le CEA Valduc est l’un des 10 centres de recherches nucléaires du pays, et le seul à produire encore des armes nucléaires. Véritable petite ville cachée, 1100 personnes et de nombreux intervenants extérieurs y travaillent sous le sceau du silence. Le site constitue un pôle d’attractivité majeur pour la région et pour la ville de Dijon. Construit en 1957, il est devenu une base secret défense ultra-protégée, tout en maintenant des activités dites civiles, plutôt centrées autour du traitement des déchets radioactifs. Un accord signé entre Sarkozy et Cameron va en faire un centre de test des armes nucléaires françaises et anglaises d’ici 2014. Le 3 novembre dernier, plusieurs techniciens externes et un bâtiment du CEA étaient contaminés par un rejet de tritium, un incident évidemment qualifié de bénin par les responsables qui s’efforcent ces dernières semaines dans la presse de démontrer qu’à Valduc, il n’y a pas le moindre souci à se faire.

Dans un contexte post-Fukushima de réveil de la contestation anti-nucléaire, il convenait de rappeler qu’un des points névralgiques du nucléaire français, qui plus est spécialisé dans le militaire, se trouve à deux pas de chez nous, et qu’il constitue un des axes autour duquel la région continue d’attirer technocrates et experts militaires. Par ailleurs, l’énergie française est articulée autour du nucléaire, et vend ses centrales et ses techniques un peu partout dans le monde, en tant que première puissance mondiale dans ce domaine, avec des entreprises comme AREVA.

Chaque année en Allemagne, des dizaines de milliers de personnes bloquent le passage des trains de déchets radioactifs (trains communément appelés CASTOR) en s’enchaînant, en sabotant les voies ou en saturant les routes, et marquent ainsi une opposition déterminée au nucléaire. En France, depuis les grandes luttes de la fin des années 70 contre la construction des centrales, les oppositions se sont faites plus symboliques. A Dijon, le 7 février dernier, la mobilisation pour faire obstacle au passage d’un train CASTOR n’avait rassemblé qu’une vingtaine de personnes (ce qui fera quand même prendre 40 minutes d’avance au train au cas où..). On peut espérer qu’aujourd’hui en Côte d’Or, on ose enfin s’attaquer au CEA Valduc et à ce qu’il symbolise d’une forme d’énergie indissociable d’un État militarisé.

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