Skip to content

Lutter contre le gaz de schiste. Lutter contre le capitalisme

juin 13, 2011

Lutter contre le gaz de schiste

                                     Lutter contre le capitalisme

La future prospection de gaz de shiste dans la région est un des sujets les plus présents dans les discussions au sein des comptoirs et chaumières cévenoles ces derniers mois. Les questions que soulève cette nouvelle lubie des industriels de l’énergie et de leurs faux ennemis écologistes, esquissées en partie dans le texte suivant, mériteraient d’être plus amplement creusées et pourraient l’être notamment dans le prochain bulletin…

D’un point de vue technique, tout ce qui était à dire sur le gaz et le pétrole de schiste a été dit, et si quelqu’un manquait de renseignements, tout est largement disponible sur Internet ou lors des assemblées publiques organisées un peu partout dans le Gard, en Lozère, dans l’Hérault, en Ardèche, dans la Drôme… enfin, dans toute la zone où l’exploration des sous-sols est prévue, en gros  : de Montélimar à Montpellier en remontant sur le Larzac (et, pour le pétrole de schiste  : bassin parisien, Seine-et-Marne, Picardie).

Il est quand même important de souligner que dans le Sud de la France, la commune de Villeneuve-de-Berg, en Ardèche, pourrait bien ouvrir le bal des «  forages expérimentaux  »  ; plusieurs salariés de GDF Suez ont déjà visité les terrains et, selon les ingénieurs de Total, «  les données disponibles dans ce secteur sont excellentes, le potentiel gazier y est de plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes  »  ; gardons donc les yeux bien ouverts parce qu’il se peut que la résistance commence, elle aussi, là bas.

Aujourd’hui, la mobilisation contre l’exploitation des gaz de schiste prend de l’ampleur (environ 15 000 personnes à la manif du 28 février à Villeneuve-de-Berg). Les populations locales se sont massivement mobilisées sur ce sujet. Les partis politiques de tous bords, tels des vautours, rôdent sur le devant de la scène, en essayant de s’accaparer l’enjeu médiatique que représente cette mobilisation. Les écolos, les verts, les citoyennistes… nous soûlent tous avec leur rengaine sur le développement durable, l’écotourisme, la valorisation du territoire, bref  : TOUT est toujours à vendre, mais de façon plus «  politiquement correcte  » et plus «  durable  »  ! Nos vies sont pour eux toujours une marchandise, mais… biodégradable  !

Bien sûr, leur présence tape sur les nerfs, et ça manque cruellement d’autres sons de cloches et d’autres perspectives.

Un autre point important est d’être conscients que, malheureusement, mêmes si nous faisons reculer les multinationales de l’énergie et le gouvernement dans les régions concernées par le gaz de schiste, nous ne résoudrons pas pour autant le problème du besoin croissant d’énergie et la recherche effrénée de ressources énergétiques nécessaires aux bon déroulement de ce système industriel.

Dès le début, la question des ressources énergétiques a été un facteur crucial pour le développement du capitalisme. Ce système économique, basé sur la recherche du profit, ne peut en effet s’accroître sans «  carburant  ». Sans énergie  : pas de transports, pas d’extraction de matières premières à grande échelle, pas de machines pour les transformer  ; sans machines  : pas de production de marchandises, et pas de profit.

A l’heure où la contamination radioactive de Fukushima irradie toute la planète, où les Lignes à Grande Vitesse et autres infrastructures de transport ravagent toute l’Europe, où des milliers de gens se font «  exproprier  » de leurs maisons et de leurs vies pour exploiter toute sorte de ressource énergétique ou économique, notre force réside entre autres dans les liens et les solidarités qu’on saura tisser entre les différentes mobilisations, car elles font face aux attaques du même ennemi  : ce ne sont pas des combats isolés.

L’isolement des individus et des luttes face à l’oppression ambiante fait partie de la logique «  diviser pour mieux régner  ». Croire que chaque nuisance et que chaque misère peuvent être affrontées et résolues séparément du contexte global qui les engendre, ne fait qu’alimenter la répression et discréditer les autres luttes (ce qui équivaut à dire qu’il y en aurait des «  bonnes  » et des «  mauvaises  »).

C’est contre ce système tout entier que nous devons axer nos efforts  : lutter au même niveau contre tout ce qui nous détruit  : le gaz de schiste, le nucléaire, le TAV, la LOPPSI, les patrons, les prisons, le patriarcat, la police, notre vie à crédit, la criminalisation de la misère, etc.

[Extrait du Bulletin de contre-info en cévennes n°11]

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :