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A propos de l’accident de Marcoule (France) du 12 septembre 2011

octobre 6, 2011

L’accident d’hier n’a pas eu lieu dans une centrale électronucléaire d’EDF. L’Etat
n’arrête pas de le répéter pour minimiser les risques réels de contamination. Par
contre, sur le site de Marcoule, il existe deux réacteurs militaires Célestin
(nécessaires pour créer le tritium utilisé dans les bombes thermonucléaires
françaises) ; plus la vieille machine expérimentale surgénératrice Phénix, en cours
de démantèlement (dont les parois de la cuve sont radioactives et qui contient encore du sodium et du plutonium, mélange explosif et hautement radioactif) et
d’autres laboratoires nucléaires, tels que Atalante qui travaille sur le traitement
des combustibles irradiés et l’étude sur la gestion des déchets radioactifs de haute
activité et à vie longue, en particulier ceux dus au démantèlement des installations
nucléaires ; sans compter l’usine Melox, fabriquant du combustible Mox (mélange
d’uranium et de plutonium) employé dans de nombreuses centrales électronucléaires, y
compris dans le réacteur numéro 3 de Fukushima ; et, enfin, l’usine où il y a eu
l’accident d’hier : Centraco., considéré, même par l’ASN, comme dangereuse.

Centraco est le centre de traitement et de conditionnement des déchets relativement
peu radioactifs, de courte et moyenne vie, y compris médicaux (des gants à des bouts
de ferraille issus d’opérations de démantèlement), en provenance d’EDF, d’AREVA et
d’autres sociétés publiques et privées. Centraco est aussi équipé d’un incinérateur
spécial destiné à brûler 5000 tonnes par an ce type de déchets, en particulier
métalliques, qui, après avoir été réduits en cendres radioactives, sont vitrifiés,
avant d’être envoyés vers des centres de stockage, y compris autour de Marcoule.

A priori, ce sont des matières certes radioactives mais non fissibles, donc
incapables de générer des réactions en chaîne. C’est l’un des fours de
l’incinérateur qui a explosé. L’explosion, à mon avis, est de type chimique, pas
nucléaire, à moins qu’il y ait eu dans le four des pastilles de plutonium et
d’uranium en quantité suffisante pour que, leur gaine de protection ayant fondu sous
la chaleur , elles aient pu, en s’amalgamant, générer quelque réaction en chaîne
initiale, jouant le rôle de détonateur pour enflammer les gaz, en particulier
l’hydrogène très présent dans ce type de combustion chimique. En théorie, de telles
capsules ne doivent pas passer les barrières de contrôle, sauf que, en pratique, la
chose s’est déjà produite, à l’usine de retraitement de La Hague, entre autres, il y
a quelques années.

Sinon, même sans cela, il a suffi que la pression des gaz devienne brutalement
incontrôlable, pour des raisons jusqu’alors inconnues ou déjà occultées, pour que le
four explose, chimiquement parlant, libérant immédiatement son contenu : les
particules radioactives, y compris sous forme gazeuse. De quelle nature, dans quelle
quantité et à quelle distance, pour le moment, je n’en sais rien. Mais dans la
mesure où les bâtiments où sont situées les fours ne sont même pas des locaux «
confinés » comme ceux des réacteurs des centrales (il y a juste des systèmes de «
dépression » destinés, en principe, à faire refluer en cas de problème les gaz
chargés de radioactivité vers des zones sécurisés de stockage momentané autour des
incinérateurs), il est inévitable qu’il y ait eu contamination. Il faut savoir que
les fours de ce type sont capables de traiter chacun 1 tonne de déchets par passe.
Si le four était en charge, ce qui est sans doute le cas puisque Centraco ne parle
même pas de test, cela représente pas mal d’émissions radiologiques.

L’Etat, donc, cache la  réalité, comme d’habitude. Sous prétexte qu’il n’y peut-être
pas eu d’accident de criticité (comme celui qui a eu lieu dans l’usine de Tokaimura,
au Japon, en 1999),  il affirme qu’il n’est question que d’accident industriel
classique dans cette installation nucléaire ! De la même façon, il a déjà affirmé
que les bombes radiologiques à uranium appauvri, utilisées depuis la première guerre
du Golfe, n’étaitent pas des armes nucléaires puisqu’il n’y avait ni fission
nucléaire, ni fusion thermonucléaire !

André Dréan

On peut observer sur les relevés qui suivent que les taux effectifs de radioactivité sont bien au delà du niveau habituel:

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