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Train de déchets nucléaires : heurts avec les manifestants, cinq interpellations

novembre 25, 2011

Des heurts ont opposé mercredi matin manifestants anti-nucléaires et forces de l’ordre, lesquelles ont procédé à cinq interpellations, a annoncé la préfecture de la Manche.

Des centaines de militants se trouvaient le long de la voie ferrée que doit emprunter le dernier convoi de déchets nucléaires allemands retraités et pour les repousser, les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes.

Pour les repousser, les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes peu après 8H00, puis de leurs matraques, et ont menacé de faire usage d’« explosifs », selon la même source, sans autre précision sur la signification de ce terme.

La visibilité était réduite à quelques mètres à cause des gaz et de la brume.

Un arrêté préfectoral interdit toute manifestation mercredi à 500 mètres de part et d’autres de la voie ferrée entre Valognes et Lison, soit les 70 km de voie que doit emprunter le convoi dans la Manche.

Présent depuis lundi, un hélicoptère continuait à survoler le secteur, tandis que des dizaines de véhicules de CRS et de gendarmes étaient visibles aux alentours.

Vers 9H00, les manifestants, qui estimaient être 400, semblaient s’éloigner un peu des voies.

Les militants avaient quitté vers 6H00 du matin le camp qu’ils ont installé depuis lundi dans un champ à Yvetot-Bocage, à quelques kilomètres de Valognes, d’où un train de déchets nucléaires allemands retraités par Areva doit partir vers 14H20 selon Greenpeace.

Il s’agit du 12e et dernier convoi de déchets nucléaires allemands retraités par la société à destination de l’Allemagne, le contrat entre Areva et ses partenaires allemands étant parvenu à échéance.

Des barrières de fer d’environ 2 mètres de haut barraient notamment totalement la principale route permettant d’accéder à la gare SNCF et celle du terminal ferroviaire Areva, à Valognes, où se trouve le convoi hautement radioactif. Le collectif « Valognes Stop Castor », à l’origine du camp, a avancé d’une heure son appel à manifester dans les environs, à Lieusaint, et à bloquer le train.

Le centre de la petite commune était calme mercredi matin et sans force de l’ordre visible, a constaté l’AFP.

Les forces de l’ordre, très discrètes jusqu’alors, ont érigé dans la nuit des barrages sur les principaux accès routiers à la voie ferrée, dans et autour de Valognes, mais la voie ferrée restait mercredi matin, de très bonne heure, accessible dans la campagne.

Leur presse (Agence Faut Payer), 23 novembre 2011 – 10h27.

Au jour le jour: quelques actions éparses

Mercredi 23 novembre 2011

9h15 : Plus de 400 militants sont présents sur le camp de Valognes, ce matin ils tentent de s’approcher des voies ferrées en passant par des champs.
Un arrêté stipule qu’ils n’ont pas le droit de s’en approcher à moins de 500 mètres, c’est pourquoi les forces de l’ordre sont en ce moment même en train d’asperger copieusement les champs de gaz lacrymogène et 6 personnes ont été arrêtées…

9h30 :Un groupe de manifestants vient d’atteindre la voie ferrée et bloque son passage sur la commune de Lieusaint au lieu dit Percy . Le départ du train est hypothétiquement prévu dans 5 heures (ou 29 heures si le train part jeudi).

12h12 – Bilan des actions de la matinée :

  • Sur 400 initialement présents, 250 à 300 manifestants sont encore dans les champs environnants de la voie ferrée
  • Usage répétitif de grenades lacrymogènes et bombes assourdissantes par le dispositif policier du convoi
  • 6 arrestations, 4 personnes ont déjà été relâchées
  • 1 Action de débalastage : un rail de train a été tordu
  • 1 Sabot posé sur la voie retiré par la police après évacuation

12h54 : On apprend que l’alimentation électrique des voies est détruite a proximité de Valognes. Le départ du train d’Areva cet après midi à 14h26 compromis. (Source France 3 Basse-Normandie)

14h00 :Les affrontements ont eu lieu ce matin depuis 8h entre 200 manifestants et les forces de l’ordre au niveau de la ville de Lieusaint (50). Les manifestants sont arrivés à tordre un rail. La matinée s’est déroulée dans un climat de harcèlement permanent.

Les charges de CRS sont particulièrement violentes, avec coups de matraques et lacrymogènes, et des personnes ont été gazées à bout portant. Un militant a été blessé à l’arcade sourcilière et transporté à l’hôpital.

15h17 : Des militants qui retournaient au camp ont été violemment chargés par les CRS, qui les ont acculés dans une carrière tout en projetant des gaz lacrymogène et en tirant au flashball. Deux personnes ont été blessées par les tirs de flashball.

16h05 : Le train quitte Valognes avec 1h30 de retard par rapport à l’horaire prévu.

17h23 : Après être resté bloqué près de 40 minutes à 100 mètres de son départ, suite au déclenchement d’un signal d’arrêt d’urgence disposé sur les rails (le communiqué ci_dessous), le train poursuit sa route en direction de Caen et Rouen où 80 manifestants attendent son passage.

« Arrêt d’urgence nucléaire – Action contre le train Castor de déchets nucléaires

Aujourd’hui, mercredi 23 novembre 2011 en début de soirée, des trains ont été stoppés dans la région de Rouen par des signaux d’arrêt d’urgence disposés sur les rails. Dans un climat de violentes répressions policières1, nous avons ainsi contribué à ralentir le 15e train Castor de transport de déchets nucléaires à destination de Gorleben (Allemagne). Chaque jour, par route ou par rail, des conteneurs irradiants circulent entre les diverses installations nucléaires qui mitent les territoires. Les déchets sont le symbole de l’incapacité à gérer durablement et véritablement les conséquences du grand délire nucléaire. Leurs transports sont leur manière de faire diversion. Déplacer pour créer l’illusion de savoir qu’en faire, « retraiter » pour « recycler » en partie à des fins militaires, enfouir pour camoufler, et surtout, brasser du vent face à l’impossibilité de gérer l’ingérable. Nous ne pouvions pas rester assis et nous taire face à ce train-train qu’on nous impose à coups de matraques et de menaces répressives.

En ralentissant le train Castor, nous espérons que chaque minute perdue soit autant de temps pris pour lever le voile sur ce que l’industrie nucléaire désire à tout prix cacher : ses déchets, le danger qu’elle nous fait subir tous les jours par ses centrales, son essence profondément centralisée et totalitaire… Nous voulons faire parler de l’horreur quotidienne que constitue le système nucléaire. Nous voulons faire taire la propagande de la nucléocratie qui nie sans cesse le danger de leur méga-machine, de Tchernobyl à Fukushima, des mines d’uranium du Niger jusqu’à l’usine de production de plutonium de la Hague. Nous voulons faire de ce trafic mais aussi des suivants, un enfer pour tous ceux et toutes celles qui collaborent à ce monde mortifère. Nous seront toujours là, que ces trains exportent la mort à Gorleben ou ailleurs.

Nous ne sommes pas les seuls aujourd’hui à agir, et demain nous seront plus nombreu-ses-x encore. Ne nous y trompons pas, nous ne revendiquons pas l’arrêt des transports de déchets nuclaires, nous revendiquons l’arrêt immédiat du nucléaire et du monde qu’il engendre.

Arrêt d’urgence nucléaire »

18h : manifestation de soutien à Chambéry (73).

Soirée

19 interpellations  à Valognes, toutes relachées au compte-goutte dans la nuit, 4 personnes sont sorties avec des assignations à comparaitre devant la justice.

jeudi 24 novembre

10h01 : Le train quitte le territoire français pour poursuivre son périple sur le réseau ferré allemand où les possibilités de trajet sont labyrinthesques

12h20 :La mobilisation commence à prendre toute son ampleur en Allemagne.

  • Plus de 2000 manifestants sont en place dans le Wendland (Basse-Saxe)
  • 500 personnes sont déjà réunies à Gorleben ou vient de se tenir une conférence de presse de lancement des rassemblements.
  • Le site pro-nucléaire Kernenergie.de aurait été hacké dans la nuit.

15h25 : Le train n’a pas bougé de la gare de Neukirchen, des actions de déballastage consistant à retirer du gravier sous les voies en vue de ralentir le passage du train ont commencé. Le train est bloqué

16h44 : A Hassloch, près de 100 personnes sont encerclées aux abords des rails. La police se montre agressive.

La caméra d’une journaliste de l’AFP cassée par un antinucléaire près de Valognes

AFP, 23 novembre 2011

« FLOTTEMANVILLE (Manche) – Une caméra de l’Agence France-Presse a été délibérement cassée par un militant antinucléaire lors d’une escarmouche avec la police mercredi près de Valognes (Manche), pendant les manifestations contre le départ d’un convoi de déchets nucléaires à destination de l’Allemagne.

« J’étais en train de filmer, les CRS chargeaient, un militant habillé en noir et cagoulé m’a sauté dessus en criant +tu filmes pas+ et s’en est pris à la caméra », a raconté Aurore Mesenge, reporter de l’AFPTV.

« Pendant un gros clash, des lacrymos ont fusé dans tous les sens, on sentait la rage côté manifestants, j’ai vu la caméra cassée gratuitement sans sommation », a pour sa part dit Laurent Hazgui, un photojournaliste de « Fédéphoto » également présent sur place. « On sent l’hostilité », a-t-il dit, en écho aux témoignages de plusieurs journalistes…

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