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Du nucléaire au lyon-turin : stoppons la machine.

octobre 15, 2012

Voici un tract du collectif No Tav 73, diffusé samedi 13 octobre 2012 à Lyon, lors d’un rassemblement antinucléaire, qui propose une lecture et une opposition croisées des politiques énergétiques et des projets d’infrastructures ferroviaires telles que la LGV Lyon-Turin.

Du nucléaire au lyon-turin : stoppons la machine.

Pensé depuis 1991, un projet de nouvelle liaison ferroviaire prévoit de creuser le plus long tunnel d’Europe (53 km) pour faire franchir les Alpes à 40 millions de tonnes de marchandises par an, et pour faire gagner 45 minutes aux voyageurs entre Lyon et Turin. Annoncée pour 2023, cette autoroute ferroviaire coûtera au moins 25 milliards d’euros. Elle implique, en plus du tunnel international, le creusement de tunnels sous les massifs de Belledonne et de Chartreuse, et la construction de 200 km de voies nouvelles en France. En Italie, le projet appelé TAV («treno alta velocità») se heurte à une résistance déterminée des habitant.es de la Val Susa (les «NO TAV» et le mouvement qui en découle). Là-bas, c’est retranchées derrière des escadrons de policiers et soldats que tentent de se mettre à l’oeuvre les pelleteuses sur le site de la Maddalena.

Rappelons que la LGV Lyon-Turin est un projet de vitrine technologique, une maquette grandeur nature du savoir-faire européen en matière d’infrastructures ferroviaires de «Grande Vitesse». Il n’a qu’un but : permettre aux firmes de l’industrie ferroviaire d’augmenter leurs bénéfices. Depuis vingt ans, le projet de TGV Lyon-Turin est dans les tiroirs de la technocratie, loin de la liberté des habitants et des travailleurs des vallées à décider pour eux-mêmes. Ce projet nous est imposé, exactement comme l’ont été les centrales nucléaires depuis les années 70, loin du débat public. L’industrie a besoin de telles sources d’énergie et d’infrastructures de transport, à la hauteur de sa démesure, pour alimenter une croissance en sursis.

Il aura fallu des années de lutte, d’occupation des terres et d’organisation des No Tav en Val Susa pour que la question émerge réellement côté français. Depuis un an le Collectif No Tav 73, qui se réunit à Chambéry, s’est mobilisé pour diffuser l’information et lancer un mouvement d’opposition au projet dans son ensemble, et tout le long du tracé. Parce que le Lyon-Turin est un projet coûteux, néfaste et inutile.

Mais faudrait-il s’opposer au TAV, aux extractions de gaz de schiste, ou à l’industrie nucléaire, simplement parce qu’ils sont coûteux, ou néfastes ? Non. Seraient-ils gratuits et optimisés que nous n’en voudrions pas non plus. Nous ne voulons ni les amender, ni les améliorer, selon la stratégie du «moins pire». Nous ne voulons ni gérer ni optimiser les nuisances industrielles, mais les supprimer. Nous nous opposons à ces infrastructures parce qu’elles sont conçue par les industriels et leurs techniciens, et que leurs intérêts s’opposent à ceux des populations. Nous n’avons pas besoin de trains supersoniques, nous avons besoin de terres, et de nos mains pour les travailler. D’une agriculture vivante, d’une économie locale, basée sur les besoins réels, et non sur la spéculation.

Le mouvement « no tav » : contre la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Le collectif NO TAV de Chambéry rassemble celles et ceux qui luttent contre le projet de nouvelle liaison ferroviaire Lyon- Turin dans la région. C’ est un outil pour renforcer et développer le mouvement de résistance au Lyon-Turin. Contact et informations : notav-savoie@voila.fr, site : www.no-tav-savoie.org

1/ Intérêts Les grands projets favorisent le rapprochement entre intérêts politiques et intérêts industriels, voire mafieux, au détriment des intérêts des populations.

2/ Effets Expositions à l’amiante, à l’uranium, augmentation du trafic, sources asséchées, vallées défigurées par les déblais, bétonnage des terres agricoles. Les effets sont dévastateurs, immédiats et à long terme, sur les territoires directement touchés (Val Susa, Maurienne, Chartreuse …), mais aussi sur tous les abords des Alpes.

3/ ISO 14001 Non, le TAV n’est pas «éco-compatible». Il suit une logique industrielle, qui s’est toujours opposée à une logique du vivant, de la décence et de la juste mesure. Il ne peut être ici question d’améliorer ce projet, lorsque de l’autre côté des Alpes il est imposé à coups de crosses.

4/ Nucléaire Faut-il rappeler que les TGV roulent au nucléaire ? La LGV ne va pas dans le sens d’une sobriété énergétique, et accepter le TAV, c’est renoncer aussi à toute perspective de sortie du nucléaire. Ces deux luttes sont profondément liées par les choix de société qu’elles impliquent.

5/ Poids lourds Et les camions alors ? Mais le TAV n’arrêtera pas le transport routier de marchandise : c’est l’alibi gros comme un 38 tonnes. À l’inverse, en facilitant la traversée des Alpes, il va permettre d’affréter encore plus de camions sur l’axe Lisbonne- Kiev. Le transport routier de marchandises est tellement présent, efficace et concurrentiel pour les entreprises, que le train n’y changera rien. Si l’on veut arrêter les camions, il faut les arrêter eux, et défendre une économie locale, pas leur creuser une nouvelle voie royale.

6/ Pas chez moi Le TAV ne diminue pas le trafic des camions, mais le repousse chez les voisin. Tant pis pour eux ? Et les personnes qui soutiennent le TAV, sont-elles prêtes à aller habiter aux abords des zones de percement … jusqu’en 2023 ? Le mouvement No Tav ne s’arrête pas au Lyon-Turin, mais s’oppose à la destruction des territoires par toutes les infrastructures imposées aux populations.

7/ Économie Et l’activité économique des vallées ? Autoroutes et Tgv ne produisent pas de richesse pour les populations : elles monopolisent l’économie autour de certaines activités industrielles, et étouffent le reste. Les travaux vont créer de l’emploi aujourd’hui ? Quelques emplois précaires ne vallent pas que l’on sacrifie la terre, l’eau, et ce qui est à la base de la richesse et des activités locales. Quand les Alpes seront réduites à des tunnels et des stations, il sera inutile de réclamer une économie locale et une agriculture saine.

8/ Démocratie En Val Susa, tous ceux qui n’ont pas d’intérêts communs avec le chantier, c’est-à-dire l’immense majorité de la vallée, s’opposent au TAV depuis des années, et face à la violence des gouvernants successifs, le mouvement se propage dans toute l’Italie. Devant l’ampleur de la mobilisation, il est indécent de poser la question du choix du tracé : ce qui se joue, c’est avant tout la liberté des populations à décider pour elles-mêmes. Ceux qui soutiennent le TAV ne peuvent pas donner des leçons de démocratie.

9/ Politique Le dossier TAV, l’aéroport Notre-Dame-des-Landes et la LGV du Pays-Basque, ne sont pas des questions à laisser aux bureaux d’étude et à la langue-de-bois. Toute critique qui se borne à des arguments techniques amène l’eau au moulin des promoteurs. Ce sont des questions historiques, qui demandent une réponse politique.

10/ Containers & cravates Le TAV s’inscrit aussi dans une logique de mise en concurrence des territoires et des marchandises à l’échelle européenne, et dans la construction du corridor industriel appelé « sillon alpin ». Qui veut habiter une « conurbation », une ville unique de Valence à Genève ? ce projet n’est qu’une autoroute de plus, même ferroviaire, et seuls les hommes d’affaire souhaitent que la banlieue turinoise devienne celle de Grenoble. Ils veulent « effacer les Alpes », nous les habitons.

Le TAV est un projet qui va à l’encontre des intérêts des populations locales et de leur environnement, et aura des répercussions néfastes sur l’ensemble des régions de part et d’autre des Alpes. Il accroît l’industrialisation des espaces naturels et la prédominance des marchandises sur les personnes. En réduisant les terres cultivables, il renie la possibilité d’une économie locale et décente. Il met les peuples en concurrence, au lieu de les relier. Le TAV n’a rien à nous offrir : c’est un projet obsolète, dernier né d’une logique marchande et technocratique, selon laquelle moins il y a d’argent, plus il faut en dépenser. Face à ceux qui défendent les intérêts industriels et leurs projets irresponsables, il doit y avoir une opposition critique, solide et unie. Nous sommes liés par des pratiques et des idées communes, pas par des foreuses.

Collectif No Tav Savoie, 13 Octobre 2012.

Pour les militants No-Tav enfermés ou poursuivis en Italie : liberté ! Informations sur le mouvement en Italie : www.notav.info

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