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Nippon, ni con

octobre 15, 2012

Le 5 juillet dernier, une commission d’enquête mandatée par le Parlement japonais a fait le point sur la catastrophe de Fukushima. Pour les rapporteurs, « il est clair que cet accident est un désastre créé par l’homme ». Tout se passe comme si les désastres nucléaires pouvaient être – au-delà des différents degrés de responsabilité qui n’intéressent, in fine, que les assureurs – autre chose qu’un désastre créé par l’homme. Bien sûr, ce rapport prend à contre-pied celui mandaté par Tepco, le propriétaire de la centrale, afin de se disculper. Mais dans un pays se trouvant dans une zone de subduction de quatre plaques tectoniques, vivant dans la crainte du big one à l’ombre des rapports de la gestion du risque, qui pouvait sincèrement croire à de telles inepties ? Ce rapport a donc cet infime mérite de dire, par voix d’expert, ce que tout le monde savait : que Tepco et le gouvernement racontaient des bobards et que le nucléaire est évidemment un des nombreux désastres, non seulement créés, mais aussi revendiqués, par certains hommes.

Un autre mensonge du gouvernement japonais le prouve. Celui du risque de pénurie énergétique, qui nécessite, selon eux, le redémarrage du réacteur 3 de la centrale nucléaire d’Ôi, le 5 juillet, et celui du réacteur 4, le 18 juillet. Des chiffres douteux ont été avancés par le gouvernement de Yoshihiko Noda [1] pour justifier ce coup de force, avant toute réflexion publique sur la poursuite du nucléaire au Japon. Face à ces « bouffonneries » gouvernementales, une occupation de la centrale a été tentée et, chose que l’on n’avait pas vue depuis des lustres au Japon, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent, toutes les semaines, devant la résidence du Premier ministre pour protester contre le redémarrage des réacteurs. Proposant notamment à Noda de laver l’affront fait au peuple par le hara-kiri. Sage proposition.

paru dans CQFD n°102

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